Ce que vous pourriez ressentir

J’ai commencé à ressentir beaucoup de honte à propos de mon deuil. Au début, c’était dur. Je me disais : « Je suis faible comme une merde. Je ne devrais pas me sentir comme ça. » Ensuite, j’ai commencé à accepter le fait que les sentiments, on les ressent, qu’on le veuille ou non. Plus on les combat, pire ça va être. J’ai appris à suivre la vague : même le sentiment le plus intense finit par passer, et puis la vague suivante passe, puis la suivante, comme toutes les autres vagues, et puis la mer se calme, et il ne reste plus que moi. Si tu essaies de retenir la mer, tu n’y arriveras pas. Il faut suivre la vague. Personne n’aime être vulnérable, en tout cas, personne d’entre nous, les militaires. Mais dans les bonnes circonstances, avec les bonnes personnes, c’est une bonne chose d’être vulnérable : je peux être moi-même et me dévoiler. J’ai dû baisser ma garde, parce qu’une fois que la bataille est finie, ça ne sert à rien d’essayer de maintenir les remparts en état. - Un·e vétéran·e des forces armées

Après la mort d’un·e collègue, qu’elle soit survenue récemment ou il y a plusieurs années, plusieurs facteurs influent sur votre deuil : la nature de votre relation avec cette personne, les circonstances de sa mort, la façon dont vous l’avez apprise et la couverture médiatique, entre autres. La profondeur du deuil que vous ressentez pourrait vous surprendre, même des années plus tard. Comme le deuil est un phénomène personnel, les autres personnes endeuillées pourraient vivre cette situation différemment. Si un·e collègue semble ne pas être touché·e par la disparition, cela ne signifie pas que cette personne n’est pas endeuillée : elle exprime peut-être son deuil différemment.

Si le décès est récent, il vous faudra peut-être du temps pour absorber ce qui s’est passé. Si vous avez résisté à l’idée d’affronter cette perte pendant votre carrière, mais que vous êtes maintenant prêt·e à y réfléchir, vos sentiments seront peut-être aussi vifs que lorsque l’événement tragique est survenu.

Votre deuil peut évoluer. Vos pensées et vos sentiments pourraient être très intenses au début, ou vous pourriez ressentir une espèce d’engourdissement. Vous pourriez avoir une foule de sentiments différents et parfois contradictoires tels que la colère, la tristesse, le désespoir et la culpabilité. Ce sont toutes des réactions courantes à une perte importante et, parfois, inattendue et traumatisante.

Vous pourriez vous sentir coupable d’être vivant·e et de savourer votre vie. En même temps, vous pourriez être accablé·e par de fortes vagues de tristesse à des moments inattendus, lorsque vous commencerez à prendre conscience de la réalité de la mort, ou si des images, des sons, des situations ou des dates significatives vous prennent de court.

Si votre entourage ne reconnaît pas ou ne comprend pas votre deuil, vous pourriez vous sentir seul·e et isolé·e avec vos sentiments.