Quand le deuil refait surface à la retraite
On est bien trop occupé quand on est là-bas, tout est compartimenté. C’est le seul moyen de passer à travers. - Un·e vétéran·e des forces armées
Les personnes dont des collègues sont décédé·es parlent souvent de la nécessité de tout compartimenter, d’enfermer leur deuil dans une « boîte » ou de dresser des murs qui les empêchent de ressentir la perte ou d’y penser. C’est parfois un moyen nécessaire d’affronter la situation pendant les déploiements, les affectations ou les opérations, alors qu’on se doit d’être efficace pour survivre et pour assurer la survie d’autrui.
Je n’y ai pas trop pensé sur le coup. Je savais que je devais m’occuper de choses plus pressantes. Alors j’ai changé de vitesse, si on veut, pour me concentrer sur ceux qui étaient encore vivants. - Un·e vétéran·e des forces armées
Ce qui vous a aidé·e à vous adapter pendant votre carrière a peut-être simplement reporté votre deuil. Le deuil tend à émerger quand on est en sécurité, qu’on ressent peu de pression à performer et que nos besoins physiques fondamentaux sont satisfaits. Beaucoup de personnes vétéranes ne commencent à ressentir tous les impacts du deuil qu’après leur départ à la retraite.
Il faut que tu préserves ton intégrité quand tu travailles, alors tu retardes ton deuil. C’est seulement pendant mon congé de cinq semaines à la maison que ça m’a frappé. Tu sens que tu réprimes, que tu contrôles une partie de toi jusqu’au moment d’évacuer. - Un·e vétéran·e des forces armées
Quand le deuil vous rattrape
Quand vous avez terminé une affectation, une opération, un déploiement ou votre carrière, sans éprouver toute la force du deuil, il peut être difficile d’accepter ou de reconnaître qu’il a fini par vous rattraper. Cela peut vous alarmer, comme si quelque chose n’allait plus en vous. Vous craignez peut-être que ce que vous ressentez soit anormal, que ce soit un signe de faiblesse.
Votre volonté de vous laisser vivre votre deuil peut être la voie à suivre.