Les hommages publics

Les hommages publics à un proche disparu peuvent être très bénéfiques pour le processus de deuil d’un enfant ou d’un ado. Ils peuvent lui donner des sentiments de lien et de compassion. Le rituel et la cérémonie qui célèbrent la vie d’une personne morte en devoir et le courant national de sympathie peuvent aider les enfants à sentir qu’on se soucie d’eux et qu’on les soutient.   Le contraire peut se produire si on ne rend pas hommage à la vie d’une personne disparue à cause des circonstances de sa mort, le suicide par exemple.

Les enfants, les ados et les autres membres de la famille ressentent souvent une pression venue de l’extérieur et d’eux-mêmes pour qu’ils répondent aux attentes quant à l’apparence d’une personne endeuillée, ainsi qu’au besoin qu’ont les autres de savoir que « ça va ».

Les messages de solidarité et de compréhension peuvent être une source de tension et de frustration. Les enfants et les ados peuvent réagir à quelqu’un qui leur dit : « Je sais comment tu te sens. » Personne ne sait quelle est leur expérience personnelle de ce qu’ils ont perdu et de ce qu’ils vivent.

Rituels

L’une des choses que j’ai le plus appréciées, c’est de pouvoir tirer la dernière cartouche de papa après son décès. Dans l’artillerie, quand une personne prend sa retraite, la coutume veut qu’elle tire une dernière cartouche. Si elle meurt, quelqu’un la tire pour elle. Pour mon père, c’est à moi qu’ils ont demandé de le faire. C’était vraiment bien, et ça signifiait beaucoup pour moi. - Un·e membre de famille

Donner aux enfants et aux ados le choix de participer aux cérémonies et aux rituels peut avoir un effet durable et significatif. Il est important de leur dire à quoi s’attendre et de leur donner des choix.

Une perte durable

Le deuil n’a pas de fin, mais il évolue, et la vie se poursuit autour de lui. Les occasions spéciales et les anniversaires auront probablement toujours une saveur douce-amère.

Évidemment, je suis très heureuse de m’être mariée, et j’ai hâte de vraiment commencer notre vie commune. Mais en même temps. [soupir] j’aurais tellement voulu qu’il soit là pour voir ça. - Un·e membre de famille

Quand on vit un deuil, il est naturel et normal de regretter de ne plus pouvoir passer du temps avec la personne disparue et, parfois, de regretter le temps perdu ou gaspillé. Il se peut que les enfants de membres des FAC ou de la GRC pensent surtout au temps perdu à cause de la carrière de leur parent. Ils sont endeuillés par la perte des journées et des moments dont ils n’ont pas pu profiter parce que leur parent était absent.  Leurs sentiments peuvent aller de la tristesse à la colère, à la frustration, aux regrets et à l’impression de s’être fait flouer, entre autres. Le fait que la famille n’avait aucune influence sur le moment et la durée de la séparation peut être une dimension supplémentaire de leur deuil.