Les facteurs d’impact sur le deuil : la cause du décès
Chaque personne fait son deuil à sa manière, et plusieurs facteurs influent sur la façon dont vous vivrez cette perte.
Le décès peut avoir été prévisible en raison d’une maladie grave, ou il peut avoir été tout à fait inattendu. Vous avez peut-être toujours craint que la personne meure en déploiement ou en devoir. Un décès découlant d’une autre cause pourrait vous bouleverser.
Mort en service
J’ai déposé mon fils à la gare d’autocars à son départ pour l’Afghanistan. Je lui ai dit : « Au revoir, à bientôt. N’oublie pas de téléphoner », sans vraiment penser à sa destination. Je regretterai toujours de ne pas être allé à Trenton quand il est parti. D’autres y sont allés. Je me débats constamment avec cette idée. Il me téléphonait toutes les deux semaines, mais je prenais trop ses appels à la légère. Tout à coup, une bombe éclate au milieu d’une conversation, et il me dit : « Papa, il faut que j’y aille, il faut que j’y aille. » Clic. Et je retourne à mon travail, sans vraiment y penser. Je me sens coupable de ne pas avoir vraiment envisagé la possibilité que mon fils meure et de ne pas lui avoir dit : « Au revoir. » - Un·e membre de famille
Vous vivez peut-être votre pire cauchemar. Vous l’appréhendiez peut-être depuis des années. Vous avez peut-être pensé qu’une telle chose ne pourrait jamais arriver à votre famille, seulement aux autres membres des forces armées ou policières. Vous avez peut-être reçu trop d’attention des médias alors que vous essayiez de faire face à ce changement si soudain dans votre vie.
Vous avez peut-être une sensation d’engourdissement ou l’impression d’être dans le brouillard, et vous avez du mal à croire que la personne est morte. Vous n’avez peut-être pas eu l’occasion de lui faire vos adieux, ou vous avez des questions, des souhaits, des regrets ou des conflits qui demeureront irrésolus.
Selon le cas, vous pourriez vous sentir bien épaulé·e par votre « famille militaire ou policière », ou vous pourriez constater que certaines personnes ont du mal à vous accompagner, car cela leur rappelle que la même chose pourrait aussi leur arriver. Vous pouvez estimer que le sacrifice de votre proche est reconnu par l’organisation et par la population, ou que cette reconnaissance n’a pas de commune mesure avec ce que la personne a donné pour son pays et avec l’ampleur de votre perte.
Suicide
Je ne soupçonnais absolument pas qu’il y ait le moindre problème, alors j’ai été complètement pris de court quand il s’est tué. Je me suis mis à me demander : « Qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre? Je n’aurais pas dû m’en apercevoir? Est-ce que je ne m’en faisais pas assez? Est-ce que je suis la cause de ce geste? » - Un·e membre de famille
Un décès par suicide est souvent soudain ou inattendu, et difficile à comprendre. Ce deuil sera sans doute différent des autres pertes que vous avez vécues. Différentes choses peuvent le compliquer : des questions restées sans réponse; des regrets, une colère ou des sentiments de culpabilité intenses, voire le sentiment de manquer de soutien. Vous voudriez peut-être comprendre l’état d’esprit qui a amené la personne à se suicider. Si vous avez été longtemps témoin de ses souffrances, vous pourriez ressentir un certain soulagement du fait qu’elles sont enfin terminées, mais vous pourriez aussi vous sentir coupable d’avoir de telles idées.
J’ai fait beaucoup de recherches dès le premier jour [...] Je voulais savoir combien de temps il faut pour mourir comme ça. Je me demandais : « Est-ce qu’il a souffert? Et s’il avait changé d’avis? » J’en faisais des cauchemars : je rêvais qu’il était tout seul et qu’il avait peur. Alors j’ai simplement voulu savoir. Je voulais de l’information, et je ne trouvais pas l’information dont j’avais besoin.
– Un·e membre de famille
Parfois, les questions les plus difficiles n’ont tout simplement pas de réponse.
Pour approfondir le sujet, voir Faire face à une perte par suicide et le module Faire son deuil d’une personne décédée par suicide sur MonDeuil.ca.
La mort des suites d’une maladie
Vous saviez que la personne était atteinte d’une maladie mortelle et vous vouliez que ses souffrances aient une fin, mais vous pourriez quand même avoir du mal à croire à sa mort. Vous avez peut-être pensé que vous aviez fait tout votre deuil avant son décès, mais maintenant, vous vivez d’autres couches de deuil. Vous êtes peut-être épuisé·e si vous soigniez la personne, et vos sentiments peuvent être un mélange déroutant de tristesse, de peine, de soulagement et de culpabilité.
Pour approfondir le sujet, consulter le site MonDeuil.ca.