Introduction

Pendant ma deuxième année dans les Forces, j’ai été victime d’agression sexuelle. Je ne savais ni ce que c’était, ni comment ce genre de choses se produit. Alors, quand ça m’est arrivé, j’ai ressenti beaucoup de honte, de culpabilité, comme si c’était ma faute. C’était simplement dégoûtant. Et quand j’en ai parlé à des gens, je me suis retrouvée devant un mur d’indifférence […] Personne ne m’a dit quelles ressources étaient disponibles, ce que je devrais faire, où je devrais aller. - Un·e vétéran·e des forces armées

Traumatisme sexuel dans le cadre du service Un traumatisme sexuel subi en service découle d’expériences sexuelles bouleversantes et non désirées, notamment les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel menaçant et répété, qui ont lieu pendant le service actif ou l’entraînement. 

Il est indéniable que, dans le cadre de la vie dans les FAC ou la GRC, des membres du personnel sont victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle au cours de leur carrière. Malgré des efforts soutenus, cette conduite inacceptable persiste, et elle a des conséquences à long terme pour les personnes qui en ont subi l’expérience.

Les personnes survivantes de traumatisme sexuel ont vécu un événement qui leur laisse l’impression d’être trahies, violées et souillées, et qui suscite un profond sentiment d’insécurité. Dans bien des cas, leur instinct leur dit de rechercher la sécurité, de regagner un sentiment d’autonomie et de contrôle sur leur corps et leur entourage. Certaines personnes survivantes ne parleront jamais de leur expérience. D’autres voudront peut-être signaler ce qui leur est arrivé, pour empêcher leur agresseur de récidiver ou pour le responsabiliser face à ses actions.

Nous sommes passés maîtres dans la compartimentation. Nous aimons vraiment enterrer tout ça, jusqu’à ce que la marmite déborde. Quand je pense à ma carrière, je constate que ça s’est produit souvent. Bien des fois, ça débordait et j’explosais. Je n’arrivais pas à réguler mes émotions. Des gens me disaient : « Tu laisses trop de place à tes émotions » ou « Tu es trop sensible ». J’y repense maintenant, et j’avais mal. J’étais, je ne savais pas, je ne savais pas comment l’exprimer ni comment gérer tout ça. - Un·e vétéran·e des forces armées

Dans ce module, nous décrirons les effets du traumatisme sexuel sur les membres actifs et les vétéran·es des FAC et de la GRC, nous chercherons à déstigmatiser ces expériences par la communication et la validation, et nous présenterons les sources d’appui disponibles.

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