Traumatisme sexuel, confiance et trahison

Quand j’ai consulté la psychologue, je lui ai raconté mon histoire. Elle m’a regardée et elle a dit : « Ce sont des actes criminels. Ce ne sont pas que des incidents, c’est de l’activité criminelle. » Et instantanément, j’ai eu l’impression d’avoir été profondément trahie. Nous nous entraînons pour protéger les gens, et ce genre de choses arrive? C’est insensé. On ne devrait jamais éprouver ce sentiment de trahison. - Un·e vétéran·e des forces armées

Le traumatisme de trahison

Les survivant·es qualifient les traumatismes sexuels liés au service de « traumatismes de trahison », car l’agression sexuelle a été commise par un membre de leur famille militaire ou policière, une personne sur qui on doit compter pour assurer sa propre survie. Dans ces circonstances, l’agression constitue aussi un abus de confiance fondamental.

Je participais à une formation à l’intention des personnes qui avaient reçu récemment un diagnostic de TSPT, et quelqu’un a dit : « Je couvre tes arrières, je suis avec toi. » Une femme assise à côté de moi a entendu ça, et j’ai senti que ça lui avait fait un effet instantané : elle s’est raidie, elle a regardé par terre et elle est sortie de la salle. Et les hommes hochaient la tête en disant : « Ouais, je te couvre, un pour tous, tous pour un. » Et pour elle, c’était insupportable à entendre, parce qu’elle ne sentait pas que c’était le cas pour elle. - Un·e thérapeute militaire

Le manque de sécurité et de contrôle

Les membres du personnel policier ou militaire se retrouvent parfois dans l’obligation de vivre et de travailler avec leur agresseur, qui peut être un collègue de travail ou un superviseur au sein de leur propre chaîne de commandement.

Les survivant·es se sentent parfois incapables de signaler leurs expériences :

  • par souci de ne pas compromettre leur avancement,
  • par manque de contrôle sur le processus judiciaire,
  • par manque de contrôle sur leurs conditions de travail et de logement.

Ces facteurs peuvent contribuer au sentiment qu’éprouvent les survivant·es de traumatismes sexuels d’avoir été trahi·es par leur service, ce qui accroît leur risque de développer un TSPT.

On dirait que d’un côté, on a une source d’immense fierté, et, de l’autre, un sentiment de trahison et de dégoût. Et on n’éprouve même pas ces sentiments envers des individus; c’est toute l’institution qui est visée. - Un·e vétéran·e des forces armées