Ce que j’ai perdu : reconnaître les pertes
Les expériences qui se soldent par une perte sont courantes chez les militaires, les membres de la GRC et leurs familles, mais certaines pertes sont plus difficiles à reconnaître que d’autres.
Je ne savais pas ce que j’avais. Personne ne m’a dit qu’en fait, je pleurais peut-être la perte de mon mari. Il était encore présent dans ma vie. Il n’était pas mort. Mais il n’était plus l’homme que j’avais connu. Pour moi, ça a vraiment été la dernière brique du mur. La clé. - Un·e membre de famille
Vos responsabilités professionnelles ou familiales ne vous ont peut-être pas laissé le temps de remarquer vos pertes. Vous avez peut-être enfoui certains de vos sentiments de perte, qui sont réapparus des années plus tard avec une force renouvelée.
Rien n’était arrivé après six mois de retraite, alors j’ai pensé que tout allait bien se passer […] Et ce n’est que […] trois ans plus tard, alors que je vivais la rupture d’une relation à long terme. Mes parents étaient dans un établissement de soins de longue durée, et on dirait que TOUT m’est rentré dedans d’un seul coup. - Un·e vétéran·e de la GRC
Les pages qui suivent vous aideront à identifier les pertes que vous avez vécues pendant votre carrière ou à titre de membre de famille d’un·e vétéran·e des Forces armées canadiennes ou de la GRC. Nous vous encourageons à lire les récits d’expériences vécues par des gens comme vous afin d’approfondir votre compréhension des impacts de votre carrière et des bienfaits de l’entraide.
Quand le deuil est difficile à reconnaître
Il n’est pas nécessaire d’assister à un événement pour qu’il ait un impact profond et bouleversant. C’est ce qu’on appelle un deuil vicariant ou un traumatisme vicariant. Les récits de personnes qui étaient là ou qui en ont entendu parler, les détails mis au jour pendant une enquête ou les images dans les médias peuvent tous causer ou intensifier une réaction de deuil ou de traumatisme.
Quand nous écoutons un récit, notre imagination comble les vides et crée parfois des images terribles dans notre monde intérieur, même si elles ne correspondent aucunement à ce qui s’est vraiment passé dans le monde extérieur. Reconnaître que ce sont des expériences difficiles, sans les rejeter, nous permet de faire face à l’origine de nos blessures.
Parfois, nous minimisons notre expérience : « Ce n’est pas à nous que c’est arrivé, alors de quel droit je ressentirais quelque chose? » Pourtant, même si la plupart d’entre nous n’ont pas été directement témoins des attaques terroristes du 11 septembre, celles-ci nous ont profondément bouleversé·es.
Il peut arriver qu’on ignore qu’on est en deuil. C’est ce qu’on appelle le deuil ambigu.
L’incapacité à reconnaître une expérience comme un deuil rend la situation encore plus difficile.
Une fois que nous avons reconnu ce que nous avons perdu, nous pouvons commencer à voir les choix que nous faisons, consciemment ou non, pour réagir à notre chagrin. Nous pouvons alors commencer à prendre notre situation en main plus efficacement.
Les pages qui suivent vous aideront à identifier les pertes que vous avez pu vivre pendant votre carrière ou à titre de membre de la famille d’une personne vétérane des FAC ou de la GRC. Nous vous encourageons à lire les récits d’expériences vécues par des gens comme vous afin d’approfondir votre compréhension des impacts de votre carrière et des bienfaits de l’entraide.