Épauler d’autres personnes vétéranes ou des personnes en service actif
Le fait de raconter vos expériences peut aider d’autres personnes vétéranes à sortir de leur isolement et à voir que d’autres personnes ont des difficultés elles aussi, tout en vous aidant à traiter votre deuil.
Comment savoir que je suis prêt·e à aider les autres
Votre formation et vos expériences ont pu réduire votre aptitude à ressentir et à manifester de la compassion pour les sentiments et les expériences d’autrui. Il se peut aussi que votre propre sentiment de deuil et de perte ne vous laisse rien à offrir aux autres pour le moment. Il pourrait vous être profitable (ou pas) de faire partie d’un groupe de pair-aidance, et il se peut que vous ne soyez pas encore prêt·e à offrir une aide individualisée.
Vous pourriez vous poser les questions suivantes. Si vous répondez oui à au moins une d’entre elles, vous devriez peut-être attendre encore un peu avant de tendre la main à d’autres.
Quand une personne vous a raconté une expérience difficile qu’elle avait vécue pendant son service :
- Avez-vous pensé : « c’est moins grave que ce que j’ai vécu »?
- Avez-vous pensé que cette personne manquait de force?
- Avez-vous pensé ou laissé entendre qu’elle aurait dû être capable de faire face à cette situation?
- Avez-vous cherché à mettre fin à cette conversation?
- Avez-vous pris son expérience à la légère en changeant de sujet ou en faisant une blague?
Si vous avez répondu oui, cela ne signifie pas que vous manquez d’empathie. Cela veut dire que vous n’êtes pas prêt·e à offrir votre aide à d’autres personnes. Avec le temps, l’empathie et la compassion vous reviendront, et vous remarquerez un changement dans vos réactions aux récits et expériences d’autrui.
Autres points à considérer
Si vous sentez que vous êtes prêt·e à tendre la main à d’autres personnes qui souffrent, commencez lentement et assurez-vous d’avoir quelqu’un vers qui vous tourner pour vous épauler et pour faire un débreffage avec vous.
Méfiez-vous du traumatisme vicariant (ou indirect) : le fait d’entendre et d’imaginer les expériences décrites par quelqu’un peut susciter une réaction de deuil ou de traumatisme.
Si vous n’êtes pas encore prêt·e à offrir votre aide, vous pourriez l’être davantage plus tard.
Des points à retenir si vous épaulez un·e collègue en deuil
- Reconnaissez sa perte. « Je suis désolé·e de ce qui t’est arrivé. » « Je ne sais pas quoi dire, mais je suis là pour toi. »
- Écoutez sans porter de jugement. Parfois, l’écoute silencieuse change bien des choses.
- Chaque personne vit l’expérience du deuil à sa façon, tout comme chaque culture ou communauté a sa façon d’aborder le deuil. Votre expérience n’est pas l’expérience de votre collègue. L’expérience et les sentiments de chaque personne sont valables.
- Compatissez avec sa situation (« ça doit être vraiment dur », « je ne peux pas imaginer à quel point ça a dû être difficile »), sans tenter de la régler.
- Laissez-la vous guider. Que la personne souhaite raconter son histoire ou se distraire pour oublier ce qu’elle ressent, laissez-la définir ses besoins.
- Il n’y a pas de mal à manifester vos émotions. Le fait de savoir que son histoire vous émeut peut valider l’expérience vécue par votre collègue. Si cela se produit, assurez-vous de réorienter l’attention sur son cas.
- Évitez de trouver des aspects positifs. Ne donnez pas d’exemples d’expériences plus intenses vécues par d’autres.
- Communiquez régulièrement avec la personne pour savoir comment elle se porte.