Les absences prolongées
Personne ne reconnaît vraiment à quel point les périodes de séparation sont éprouvantes pour une relation. Nous nous sommes simplement dit : « D’accord, nous allons profiter au maximum du temps que nous passerons ensemble et nous tirerons le meilleur parti possible de cette situation. » [Soupir.] Ça ne fonctionne pas comme ça. - Un·e vétéran·e des forces armées
Je ne souhaite à personne d’être chef de famille monoparentale - ou pire, un couple de militaires avec des enfants - parce que j’ai connu des moments où les deux parents étaient déployés dans des opérations presque sans préavis. Ils doivent alors payer à leur belle-famille ou à leurs parents le voyage en avion pour venir prendre soin de leurs enfants. Ou ils embauchent une gardienne ou une bonne pour de longues périodes. C’est trop demander, beaucoup trop. - Un·e vétéran·e des forces armées
Les déploiements, les affectations, les missions, les enquêtes, les opérations d’entraînement et les autres séparations font partie de la vie des membres des FAC ou de la GRC. La tristesse, la joie, le ressentiment, la fierté et la résignation peuvent faire partie de l’expérience lorsqu’un couple part en service pour ne rentrer à la maison qu’après plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Le stress sur les relations
Les séparations prolongées ou répétées mettent les relations à dure épreuve.
Quand j’étais mariée, il y a eu une année où mon mari et moi avons fait deux tournées de suite en Afghanistan. Je rentrais à la maison et, huit jours après, il partait à son tour. Pendant toute l’année, nous avons passé seulement 42 jours ensemble. C’est à ça qu’on s’attendait. - Un·e vétéran·e des forces armées
L’effet de la distance
Les quelques exemples qui suivent illustrent comment la distance peut avoir des effets pénibles sur une relation :
- le manque de soutien immédiat de son ou sa partenaire,
- le fardeau de devoir veiller à tout à la maison sans aide,
- la logistique nécessaire pour maintenir une relation à distance,
- la crainte omniprésente du danger associé au service,
- la monoparentalité ou le soutien en solo de la famille étendue,
- le désir de moments d’intimité,
- le simple fait d’être séparé·e de l’autre.
Ce que le ou la partenaire en service peut avoir vécu
Voici quelques exemples des expériences et sentiments que les personnes vétéranes peuvent avoir vécus loin de leur famille :
- S’inquiéter et s’ennuyer de leur partenaire, de leurs enfants et des autres membres de leur famille,
- Manquer des événements importants de la vie,
- Se demander quel effet leur absence a sur leur relation avec leur enfant,
- Se demander si la relation pourra supporter cette séparation.
Ce que le ou la partenaire à la maison peut avoir vécu
Vous avez pu :
- Vous inquiéter de la sécurité de la personne et des effets du déploiement sur elle,
- Vous inquiéter de l’impact de son absence sur vos enfants,
- Vous sentir débordé·e par la monoparentalité,
- Vous demander si la relation pourra supporter cette séparation,
- Avoir du ressentiment à cause des responsabilités supplémentaires que vous avez dû assumer.
Quand ma mère est morte, il n’était pas là. Il était à l’étranger alors que j’avais vraiment besoin de lui. Je sais qu’il aurait voulu être avec moi, je sais qu’il savait que j’avais besoin de lui à mes côtés. Mais il n’était pas là. J’étais toute seule. C’est comme ça quand on vit avec un militaire. - Un·e membre de famille
Vous avez peut-être d’autres opinions bien arrêtées sur l’impact que les absences prolongées ont eu sur votre vie. Vous éprouvez peut-être encore du ressentiment à l’égard du fardeau supplémentaire que vous avez supporté et de l’impact qu’il a eu sur votre vie.