Stratégies : Ce qu’on peut faire
Il est important de faire le deuil de vos pertes, qu’il s’agisse d’attentes déçues, du sentiment de finalité que l’armée vous donnait ou de votre adaptation après la fin d’une vie structurée dans les FAC ou à la GRC. Ce deuil peut commencer par la reconnaissance du fait que ces choses ne feront plus partie de votre vie. Il vous faudra du temps pour découvrir ce qui est important pour vous et ce qui vous aidera à guérir; tout cela peut aussi évoluer.
Se découvrir soi-même
Je ne pensais à rien d’autre qu’à être de nouveau la même personne qu’avant, et il a fallu que j’y renonce. Pour apprendre à aimer qui j’étais maintenant, il a fallu que je me dise : « J’ai fait un excellent travail dans l’armée », puis que je fasse mon deuil de cette perte. Je suis heureuse aujourd’hui, mais c’est dans un autre rôle que celui que je jouais auparavant. Je fais autre chose. Ce n’est pas ce chemin-là que je me voyais suivre, et j’ai dû faire mon deuil de cette perte avant de pouvoir m’engager sur ce nouveau chemin que j’aime tant aujourd’hui. - Un·e vétéran·e des forces armées
Réfléchissez et rendez hommage à la croissance personnelle que vous ont apportée l’entraînement, les expériences, les occasions, les ami·es et les mentor·es et le fait d’avoir changé la vie des gens pour le mieux ou d’avoir servi votre pays. Reconnaissez que vous avez pu laisser certaines parties de vous-même sur la touche pendant votre carrière. Vous pourriez trouver des moyens de redécouvrir ce qui vous donnait de l’énergie et le goût de vivre par le passé, ou de vous intéresser à de nouveaux champs d’intérêt. Trouver le temps de faire des choses qui ont un sens pour vous peut vous aider à renouer avec ce qui compte le plus dans ce nouveau chapitre de votre vie.
La priorité à vous et à votre famille
Habituellement, je suis plutôt doué pour juger les gens, et je trouvais que j’avais moi-même un caractère merdique. Je savais ce que je devais faire pour m’en sortir, et je l’ai fait. Il s’agissait de remettre le train sur ses rails, d’être présent pour ma femme et mes enfants et d’essayer de revenir à qui j’étais avant d’être flic. - Un·e vétéran·e de la GRC
Nous ne sommes pas doués pour promouvoir l’égoïsme, parce que ça va à l’encontre de TOUT ce qui est militaire. J’ai donc dû reprogrammer mon cerveau, en quelque sorte, et me dire : « Il n’y a pas que ça dans la vie, et c’est le temps d’être loyal envers MOI. De quoi ai-je besoin? » - Un·e vétéran·e des forces armées
Les responsabilités de votre service peuvent vous avoir rendu·e moins disponible que vous l’auriez souhaité pour votre partenaire de vie ou vos enfants. Vous avez peut-être des regrets ou des remords, même si c’est l’impact de votre carrière qui a façonné votre vie familiale.
La bonne nouvelle, c’est que vous avez peut-être la possibilité d’écrire un nouveau chapitre. La première étape pourrait être de réapprendre à vous connaître. Établir un climat de confiance favorise la guérison et l’intimité. Cela pourrait nécessiter plusieurs conversations avec votre partenaire (et vos enfants, si vous en avez) ainsi que beaucoup d’écoute attentive et active.
Un moyen important d’établir ce climat de confiance consiste à prendre le temps de comprendre en quoi chaque membre de la famille peut avoir changé et de reconnaître ses souffrances ou son deuil. Vous devrez peut-être prendre l’initiative d’amorcer ces conversations difficiles. Alors ce qui m’a aidée, ça a été de me réorienter vers une autre équipe.