La perte d’identité et de finalité : Qui suis-je maintenant? Que faire maintenant?
L’engagement dans les FAC ou la GRC est souvent animé par un sens de l’honneur et du devoir et par la volonté de servir son pays et de faire sa marque dans le monde. Pour plusieurs, l’appartenance aux FAC ou à la GRC est un élément central de leur identité, et leur départ de l’organisation peut susciter de profonds sentiments de perte et de deuil.
Ce que la personne vétérane peut éprouver
La transition vers la retraite peut ébranler l’identité fondamentale de la personne vétérane et l’amener à se demander : « Qui suis-je maintenant? Quel est mon but? » J’ai des clients qui me disent : « Je veux juste sortir et vivre une nouvelle vie. » Mais ça ne fonctionne pas comme ça.
Nous ne sommes pas faits comme ça. Ce n’est pas comme ça qu’on grandit et qu’on se développe, surtout quand on a eu des liens étroits avec son travail. - Un·e thérapeute militaire
Une vie nouvelle n’arrive pas toute seule. Il faut la créer et la cultiver.
Au cours d’une discussion que j’ai eue avec un membre à la retraite de l’infanterie des Forces canadiennes, il a parlé de « lever le camp ». Aujourd’hui, il est retraité, et il n’arrive pas à avoir le même « frisson » que quand il était en déploiement. Pour moi, il s’agit fondamentalement de trouver un nouvel objectif de vie. Ça a des liens étroits avec toute la notion de la nature de notre personnalité et avec la recherche d’un but qui te permette d’avancer et de progresser dans ta vie. - Un·e vétéran·e de la GRC
[Après mon renvoi pour raisons médicales], je n’arrivais pas à voir comment j’existerais sans uniforme : Qui suis-je? Qui suis-je sans uniforme? J’étais une personne militaire jour et nuit, c’est à ça que je pensais, c’est ça que je voulais, et on m’enlevait ça. Je n’avais pas le choix, et rien pour m’aider à revenir à qui j’étais dans le civil… C’était une crise d’identité. - Un·e vétéran·e des forces armées
Certain·es personnes vétéranes se sentent abandonnées et oubliées par leur organisation. Tout comme un trou creusé dans le sable se remplit avec la vague suivante, la carrière comble un trou et nous pousse vers l’avant, ce qui peut nous amener à nous demander : « Est-ce que je comptais? » et à avoir des regrets et des sentiments de désillusion, d’amertume et de frustration.
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Ce que le ou la partenaire et la famille peuvent éprouver
J’étais la femme du lieutenant Tremblay. J’avais un statut. Je suis qui, maintenant? - Un·e membre de famille
Quand on fait partie de la famille d’un·e membre des FAC ou de la GRC, il faut assumer certaines fonctions et faire des sacrifices. Tout comme pour la personne vétérane, ce rôle fait partie de votre identité. Il a probablement défini une partie importante de votre vie. Vous vous sentez peut-être à la dérive, à vous demander qui vous êtes et où est votre place dans la vie civile. Si la retraite a aussi occasionné un déménagement, celui-ci peut avoir exacerbé votre sentiment de perte.