Vivre avec une perte de fonction
Les personnes vétéranes qui mettent fin à leur carrière en raison d’une blessure physique ou d’une blessure de stress opérationnel (BSO) doivent s’adapter à un mode de vie différent en plus de subir d’autres pertes. Les pertes visibles sont souvent plus faciles à comprendre pour les autres que celles qui sont « invisibles », telles les lésions cérébrales, les impacts des traumatismes et les autres dommages émotionnels.
La honte est probablement le meilleur mot pour décrire cette émotion… Et même alors que j’apprends à renoncer à ces attentes ou à les modifier, il reste un moment où il faut que je fasse ce travail : « Non, tu ne seras pas capable de faire ça. » Et c'est moi qui gère les sentiments de honte, la honte de ne pas pouvoir faire quelque chose que j'étais capable de faire de la même façon qu'avant. - Un·e vétéran·e de la GRC
[À cause de ce que j’ai vu en service], j’étais incapable d’aller au rayon de la boucherie au supermarché. Je ne l’ai jamais dit à mon épouse. Mes enfants et moi, nous allions faire le marché avec une liste, et j’en faisais un jeu. Ils parcouraient les allées et trouvaient les items de la liste. Une fois, la liste indiquait « poulet » et nous sommes revenus à la maison avec une longe de porc. - Un·e vétéran·e des forces armées
Ce que la personne vétérane peut éprouver
La personne vétérane peut être en deuil des pertes occasionnées par la BSO ou par la maladie. Elle peut être aux prises avec des impacts du stress physique et professionnel qui lui donnent des sentiments de frustration, de honte ou d’inadaptation. Elle peut s’inquiéter de ce que l’avenir lui réserve, à elle et à sa famille. Si les services de soutien ne sont pas faciles à obtenir, la personne peut se sentir abandonnée et avoir l’impression qu’on ne reconnaît pas son sacrifice et qu’on ne le respecte pas.
Ce que le ou la partenaire et la famille peuvent éprouver
Vous vivez probablement le deuil associé à ce que la perte de fonction signifie pour vous et votre famille :
- Ses effets sur votre vie quotidienne,
- Ses effets éventuels sur votre situation financière,
- Le temps qu’il faudra pour atteindre une nouvelle normalité, si c’est possible.
Vous pourriez aussi :
- Ressentir de la colère ou avoir du ressentiment envers les FAC ou la GRC,
- Vous inquiéter de la possibilité que la personne vétérane ne se rétablisse jamais sur le plan affectif ou physique.
Quand la BSO ou les troubles médicaux influent sur la capacité de la personne vétérane à accéder aux services ou à défendre ses intérêts, son ou sa partenaire doit parfois le faire à sa place.
Après son renvoi pour raisons médicales, nous avons eu beaucoup de mal à obtenir des services : il n’y avait rien pour l’aider, et personne ne veut parler à la conjointe. J’ai dû littéralement me tenir à ses côtés pendant qu’il téléphonait pour lui souffler ce qu’il devait dire. Il y a encore des préjugés au sujet de sa santé mentale. Sans les groupes privés dans les réseaux sociaux, je ne sais pas comment nous serions passés à travers tout ça. Mais nous avons réussi. - Un·e membre de famille
Pour plus d'information, voir Le passage à la vie civile.