L’accès à l’information : autopsies, enquêtes et commissions d’enquête

On vous donnera peut-être l’accès à des comptes rendus détaillés du décès.

Le rapport d’autopsie

Obtenir un rapport d’autopsie est un moyen d’avoir de l’information au sujet d’un décès. Au Canada, la famille a généralement accès au rapport d’autopsie. En général, le plus proche parent adulte peut demander le rapport au bureau du médecin légiste en chef après une enquête. Toutefois, la disponibilité et le processus peuvent varier, et dans certains cas, l’accès est interdit ou nécessite une requête officielle. 

J’ai fini par demander le rapport d’autopsie et j’ai appris qu’il avait perdu conscience quelques secondes plus tard et qu’il n’avait donc pas souffert. Ça m’a vraiment réconfortée parce que je craignais qu’il soit décédé dans la peur et la souffrance. Ça m’a torturé l’esprit pendant longtemps; j’étais incapable de ne pas y penser. - Un·e membre de famille

Si vous avez accès au rapport d’autopsie, il est important de bien vous préparer à l’examiner. Cette expérience peut être éprouvante. Vous ne trouverez peut-être pas les réponses que vous espériez, et le rapport pourrait vous amener à vous poser d’autres questions.

Des questions à se poser avant de lire un rapport d’autopsie

  • Voulez-vous lire le rapport d’une traite ou en plusieurs séances?
  • Aimeriez-vous que quelqu’un vous le lise?
  • Aimeriez-vous que quelqu’un lise l’information avant vous? Faites savoir à cette personne si vous voulez qu’elle vous dise si elle a trouvé sa lecture difficile ou troublante, ou si elle pense que cela pourrait vous arriver.
  • Aimeriez-vous que quelqu’un examine le rapport d’autopsie avec vous, à votre rythme? Il pourrait s’agir d’un·e ami·e, de quelqu’un de votre famille, d’un·e prestataire de soins de santé en qui vous avez confiance ou d’un·e thérapeute du deuil.

Veiller à votre propre bien-être après avoir lu le rapport

  • Demandez à quelqu’un de vous contacter le jour où vous aurez lu le rapport.
  • Pensez à ce qui pourrait vous aider à assimiler ce que vous aurez lu : écrire votre journal, recevoir du counseling, être en compagnie d’un·e ami·e ou de quelqu’un de votre famille.
  • Pensez à une activité d’autosoins que vous pourriez planifier pour la suite, comme faire une promenade ou voir quelqu’un.

Assister à une commission d’enquête ou à une enquête

Vous pourriez vouloir assister à une enquête ou préférer vous en abstenir. Ce processus peut être d’un grand secours pour votre deuil, mais il peut aussi être extrêmement exigeant. Envisagez de trouver une personne qui pourra vous épauler et vous expliquer le processus. Il peut s’agir d’un·e ami·e ou d’un·e professionnel·le de la santé ou de la santé mentale qui pourra vous accompagner pendant toute l’enquête.

Ça a duré deux semaines. Dans un sens, l’enquête était une expérience particulièrement difficile. Tu ne veux pas savoir comment une personne a maltraité ton fils et comment ceux qui l’accompagnaient l’ont abandonné. Tu ne veux pas non plus entendre des choses négatives sur le comportement de ton fils ou sa façon de faire face à la situation.
Mais finalement, j’ai été capable de considérer toute cette information et de me rendre compte que je n’avais pas commis d’erreur, que je n’aurais rien pu faire différemment. Ça a eu un énorme effet de guérison, parce que je me suis rendu compte que je n’étais pas responsable… ce n’est pas que j’aurais pu être responsable, mais je ressentais beaucoup de culpabilité et d’incertitude à propos de ça. Au bout du compte, c’était la meilleure chose à faire pour moi et pour mon deuil. - Un·e membre de famille

L’enquête pourrait vous amener à mieux comprendre ce qui est arrivé. Vous pourriez aussi constater qu’elle transforme votre deuil d’une manière inattendue.

L’enquête ne m’a pas seulement aidée à traiter mon sentiment de culpabilité. Elle m’a aussi aidée à gérer ma colère. En allant assister à l’enquête, je n’avais pas l’intention de pardonner à qui que ce soit. Puis tout à coup, en regardant l’homme qui racontait les événements, je me suis dit que je lui pardonnais et je me suis rendu compte que c’était la faute de tout le système. Ce pardon était inattendu parce que, depuis trois ans, je me concentrais sur une seule chose : la colère. Puis, en une heure, toute la colère disparaît. Je me suis sentie soulagée, mais aussi vidée et triste. Mais ce vide et cette tristesse m’ont redonné le sentiment d’être une personne normale, parce que la colère est un sentiment vraiment difficile à porter, bien plus difficile que le vide. - Un·e membre de famille

Essayez de vous préparer à la possibilité que vous ne soyez pas d’accord avec le résultat de l’enquête, ce qui pourrait intensifier votre deuil.

La commission d’enquête sur sa mort a été une autre gifle en plein visage, parce qu’ils sont revenus dire qu’ils n’avaient rien fait de mal. Alors je leur pose cette question : « Quels changements avez-vous apportés pour améliorer les choses pour ces soldats qui souffrent? » Pour ce que j’en sais, rien. Presque quatre ans plus tard, rien. Ça, je trouve ça vraiment dur. - Un·e membre de famille

L’enquête pourrait vous ouvrir une nouvelle voie d’avenir et vous donner un moyen de rendre hommage à la personne décédée.

Les enquêteurs ont conclu qu’il était possible d’apporter plusieurs améliorations dans le traitement des personnes suicidaires. À ce moment-là, je me suis rendu compte que j’ai beau vouloir changer le déroulement des événements, c’est impossible. Mais maintenant, je peux parler en son nom pour sauver d’autres vies dans l’avenir. C’est son héritage. Et ma raison de continuer d’avancer? Pour sauver des vies. Nous essayons de changer les choses en son nom en préconisant la mise en œuvre de ces recommandations. Donc, l’enquête m’a réorienté de la colère à un sentiment de finalité. - Un·e membre de famille

Vous pourriez être pris·e au dépourvu par des vagues de deuil intenses à des moments inattendus, lorsque vous commencerez à prendre conscience de la réalité de la mort. Cette prise de conscience peut vous déstabiliser, vous fragiliser et vous épuiser sur le plan émotionnel.