Stratégies : Ce qu’on peut faire

Chaque deuil est unique. Ce qui fonctionne pour une personne peut n’être d’aucun secours pour une autre, même si elles ont toutes les deux subi la même perte. Efforcez-vous d’être aimable envers vous-même et les autres personnes endeuillées. Le deuil n’a pas de date de péremption.

Reconnaître les pertes

Les familles de membres des FAC ou de la GRC doivent souvent apprendre à vivre des absences prolongées. Si vous êtes habitué·e à ce que la personne ne fasse pas partie de votre quotidien, sa mort peut vous sembler moins réelle, comme si elle ne s’était pas vraiment produite. La première étape consiste à reconnaître la perte et à l’accepter, même si c’est très difficile.

Je vivais dans le brouillard et le déni. Je n’arrêtais pas de me dire : « Oh, il est en Afghanistan; il n’a pas accès à un téléphone, il ne peut donc pas m’appeler ». Pour moi, c'est ce qu’il y avait de plus facile à faire. Chaque fois qu’il partait en mission, je devais me débrouiller sans lui, donc ce n'était pas difficile de continuer comme ça, de faire comme s'il était toujours en vie, mais juste absent. - Un·e membre de famille

Reconnaître que chaque personne vit son deuil différemment

Il peut être difficile de laisser à chaque membre de la famille l’espace nécessaire pour vivre son deuil à sa façon, tout en vous occupant de votre propre deuil… mais c’est une nécessité.

Des fois, je devenais amer. Je gardais trop de choses en dedans. Je me disais : « J’ai pas besoin d’aide. » Je pense que je niais tout parce que le plus difficile pour moi, c’était de maintenir l’unité dans ma famille. Le deuil de ma femme la rendait folle, et j’ai deux jumeaux et une fille, et ils étaient très éprouvés, eux aussi.
Finalement, je me suis dit : « Sapristi, il faut que je fasse quelque chose. » Alors j’ai commencé à parler un peu plus de mon deuil et à respecter ce que ma femme et les trois enfants ressentaient, parce que je me rendais compte que tout le monde fait son deuil différemment. Ça a été toute une révélation pour moi. Et j’ai appris à me soigner moi-même et à vivre mon deuil à ma façon au lieu d’essayer de tout retenir, tout le temps, pour ma famille. Maintenant, j’essaie de laisser les membres de ma famille faire leur deuil, mais j’essaie aussi de reconnaître que leur façon de faire ne fonctionne pas toujours pour moi. C’est dur, c’est certain mais on fait des progrès. - Un·e membre de famille

Prendre soin de soi-même

Prendre soin de soi-même peut sembler une tâche impossible et indésirable. Il s’agit de combler ses besoins fondamentaux, de connaître ses limites, d’établir des limites et de rechercher l’aide et l’appui d’autrui au besoin. Il est important de vous rappeler que prendre soin de vous-même ne vous oblige pas à tout faire par vous-même.

Vivre un deuil, c’est parfois épuisant et accablant. Vous pourriez ressentir la pression de passer à autre chose, une pression qui peut venir de vous-même ou d’autres personnes. N’oubliez pas que lorsqu’on est en deuil, on doit à la fois porter attention aux pensées et émotions qui nous habitent, et se permettre de s’en détacher à l’occasion. La recherche de cet équilibre est un processus continu.

Honorer la mémoire de la personne disparue

Il peut être utile de trouver des moyens de rappeler et d’honorer la mémoire de la personne disparue afin de lui faire une autre place dans votre vie. Vous pourriez, par exemple, regarder des photos, partager des anecdotes avec d’autres qui ont connu la personne ou lui créer un hommage.

La première année, je me suis contentée de reconnaître sa mort. Je suis allée régulièrement au cimetière et tout ça. Maintenant, je l’intègre à nos activités quotidiennes et j’instaure de nouvelles traditions où il a sa place. Je pensais toujours à sa mort, mais maintenant je pense plutôt à sa vie et à sa mémoire. J’ai fait la transition entre toujours revivre le jour de sa mort et commémorer la vie qu’il a vécue. Maintenant, par exemple, je fais cuire des biscuits au pain d’épices pour Noël, parce que c’était sa collation favorite. C’est devenu une nouvelle tradition et un moyen de l’amener avec nous, dans notre vie. - Un·e membre de famille

Ce qu’on peut faire d’autre

  • Reconnaissez que vos routines habituelles pourraient ne pas vous convenir pour le moment. Vous devrez peut-être en établir de nouvelles, à brève échéance ou à long terme.
  • Informez votre entourage de vos besoins et de ce qu’on peut faire pour vous aider.
  • Si les personnes sur qui vous comptez habituellement pour vous épauler ne sont pas disponibles, cherchez-en d’autres qui pourront et voudront le faire.
  • Passez du temps avec les gens qui vous épaulent dans votre deuil – que vous ayez ou non envie de leur parler. Si l’envie vous prend de vous isoler, rappelez-vous que vous vivez des moments où il est plus important que jamais d’avoir du soutien.
  • Avancez à votre rythme. Trouvez un rythme qui vous convient quand vous participez aux tâches quotidiennes ou à d’autres activités.
  • Adoptez des rituels quotidiens qui vous font du bien ou qui vous réconfortent : le café du matin, une promenade, un coup de fil à un·e ami·e, la rédaction de votre journal.

Pair-aidance

Je pense qu’il est très important d’arriver à établir un contact avec des gens qui nous comprennent vraiment. - Un·e membre de famille

Envisagez de recourir à la pair-aidance, que ce soit individuellement ou en groupe, avec des gens qui ont vécu une perte dans des circonstances similaires. Il n’y a rien de tel que de discuter avec des personnes qui sont « passées par là » pour contrer le sentiment de solitude associé au deuil. Certaines personnes estiment que la pair-aidance est surtout utile six mois ou plus après le décès.

Accompagner des enfants endeuillés

Il est difficile d’équilibrer vos propres besoins et ceux de vos enfants. Vos enfants peuvent avoir du chagrin de façons différentes et à des moments différents. C’est particulièrement le cas des jeunes enfants, car leur capacité à absorber et à comprendre la mort d’un membre de leur parenté évoluera avec l’âge. La ressource ci-après propose d’excellents conseils pour accompagner les enfants endeuillés.

Pour approfondir le sujet, voir DeuilDesEnfants.ca et L’aide aux enfants victimes de pertes liées au service.