Réagissez à votre deuil

Pendant votre carrière, quand vous étiez confronté·e à une situation complexe, une fois que vous aviez compris à quoi vous aviez affaire, vous pouviez établir une stratégie afin d’obtenir le meilleur résultat. Le même principe s’applique au deuil.

En sachant à quoi vous êtes confronté·e, vous pouvez orienter votre cheminement. Il peut s’agir d’apprendre les meilleurs moyens de réagir à la perte et au deuil sans compromettre votre santé physique et mentale et vos relations.

Le « mode survie »

Parfois, les moyens d’adaptation que nous avons utilisés par le passé peuvent devenir notre principal obstacle. Si nous avons l’habitude de nous adapter en évitant les difficultés, les affronter équivaut à apprendre une nouvelle langue quand nous n’en avons pas envie. Il peut sembler attrayant de « fermer boutique » en se distrayant ou en se détachant pour un temps, par exemple en regardant sans arrêt les épisodes d’une télésérie ou une chaîne sportive, ou en magasinant en ligne pendant des heures. Cela nous fait comme des vacances de notre vie et de nos pensées intimes.

C’est peut-être comme cela que vous avez appris à survivre à votre carrière dans les FAC ou la GRC. Parfois, l’accumulation de tant de pertes finit par nous accabler complètement. Les blessures invisibles causées par le deuil et les traumatismes ne disparaissent pas : elles ont tendance à s’enfouir et, souvent, elles ressurgissent plus tard dans notre vie.

Nous avons vécu une période d’environ huit mois pendant laquelle nous avons enterré neuf camarades. Il y a eu un suicide, un accident de la route, une crise cardiaque, puis un autre accident, quelqu’un a été abattu par des malfaiteurs, et puis trois autres ont été emportés par le cancer. On se disait : « Mon Dieu, comment survivre à tout ça? » - Un·e vétéran·e de la GRC
Les marques profondes causées par ces événements et les souvenirs qu’ils gravent dans les mémoires sont durables. Qu’ils aient ou pas un impact dramatique sur le coup, leurs effets résiduels peuvent dormir longtemps sous la surface. - Un·e vétéran·e des forces armées

L’un des moyens possibles de réagir à un traumatisme est de « figer » : on a une sensation d’engourdissement ou de déconnexion, et tout semble irréel, comme dans un film. Ces « protections » peuvent nous aider temporairement à gérer le stress de la situation.

Le « dégel »

Alors, au lieu de tout engourdir en fumant de l’herbe et en travaillant trop, j’ai commencé à faire mon deuil du fait que j’ai cette blessure… [...] Et ce processus est normal. - Un·e vétéran·e des forces armées

Quand le « dégel » commence et que notre « engourdissement » s’estompe, notre douleur affective commence à faire surface. Nos rêves pourraient nous amener à penser que nous sommes en deuil et que nous devrions porter attention à notre deuil. Parfois, nous sommes assailli·es par des vagues de sentiments ou de symptômes physiques intenses – migraines, maux d’estomac – qui semblent surgir de nulle part. Nous avons alors l’impression de « perdre la boule ». Ces réveils soudains peuvent être très troublants, mais il faut essayer de se rappeler que ce sont des signes que notre deuil a besoin de notre attention.

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